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La cheminée, c’est à la fois un objet d’architecture (proportions, ancrage dans un mur, mise en scène) et un équipement de combustion soumis à des règles précises (sécurité, qualité de l’air, entretien). Voici un tour d’horizon clair, “point de vue expert”, pour choisir — ou rénover — sans se tromper.

 

 

1) Les grands types de cheminées (et ce que ça change vraiment)

 

 

A. Le foyer ouvert (cheminée “à l’ancienne”)

 

  • Le plus spectaculaire… mais le moins performant : beaucoup de chaleur part dans le conduit.
  • De plus en plus encadré localement pour des raisons de particules fines (Plans de Protection de l’Atmosphère). En Île-de-France, des conditions spécifiques s’appliquent ; et certaines zones (ex. Métropole de Lyon) ont des arrêtés d’interdiction d’usage du foyer ouvert.

 

 

B. Le foyer fermé / insert (avec vitre)

 

  • C’est le compromis esthétique/performance : meilleure combustion, meilleur rendement, moins d’émissions.
  • Les appareils s’inscrivent dans des normes produits (ex : inserts) et dans des règles de mise en œuvre (fumisterie).

 

 

C. Les poêles (bûches ou granulés)

 

  • Souvent plus simples à installer qu’une “vraie” cheminée maçonnée, et très performants.
  • Côté normes : l’Europe renforce progressivement le cadre d’essais et de performances (famille EN 16510) pour les appareils bois/granulés.

 

 

D. Gaz / électrique

 

  • Gaz : flamme réelle, mais projet plus technique (arrivée gaz, évacuation adaptée).
  • Électrique : pure déco, zéro contrainte de conduit (intéressant en appartement).

 

 

 

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2) Les “règles du jeu” côté conduits et installation (le nerf de la sécurité)

 

 

En France, le texte de référence de la profession pour la fumisterie est la NF DTU 24.1, qui encadre la conception et la mise en œuvre des conduits de fumée et ouvrages associés.

 

À retenir (sans entrer dans les pages de DTU) :

 

  • Le conduit (existant ou créé) doit être compatible avec l’appareil (température, tirage, étanchéité).
  • Le tubage est très courant en rénovation : il sécurise un ancien conduit (mais doit être fait dans les règles).
  • Les écarts au feu (distances de sécurité aux matériaux combustibles) sont un point critique dans les projets “déco” (habillage bois, poutres, tasseaux).

 

 

En clair : on peut dessiner le plus beau manteau de cheminée du monde… s’il “chauffe” une structure combustible trop près, c’est non.

 

 

 

 

3) Entretien et obligations : le ramonage n’est pas optionnel

 

 

  • Le ramonage est une obligation encadrée par le Code général des collectivités territoriales : le maire prescrit un ramonage au moins annuel.
  • Depuis le 1er octobre 2023, un décret a uniformisé des obligations d’entretien/ramonage au niveau national (tout en laissant la possibilité à des textes locaux d’exiger plus).
  • Service-public rappelle aussi l’obligation minimale et le fait que des règles spécifiques existent selon les zones (qualité de l’air, copropriété…).

 

 

Bon réflexe “pro” : gardez le justificatif/certificat de ramonage (utile notamment en cas de sinistre côté assurance).

 

 

 

 

4) Qualité de l’air : pourquoi on pousse vers les appareils performants

 

 

Deux repères simples :

 

  • Les exigences européennes Ecodesign encadrent les performances/émissions des appareils mis sur le marché. Pour les appareils de chauffage local à combustibles solides, des exigences s’appliquent depuis 1er janvier 2022 (cadre du règlement 2015/1185).
  • En France, le label Flamme Verte sert de repère “appareil performant et moins émetteur” et a renforcé ses exigences au 1er janvier 2025 (et a évolué vers une logique de label unique plutôt qu’un système d’étoiles affichées partout).

 

 

 

 

 

5) Matériaux & style : “ancienne” ou “moderne”, la logique architecturale

 

 

Pour une cheminée à l’ancienne

 

  • Pierre naturelle / briques / chaux : rendu authentique, inertie, patine.
  • Idée déco qui marche : un âtre sobre, et une seule pièce statement (miroir, tableau, grand vase).

 

 

Pour une cheminée moderne

 

  • Acier / fonte / béton minéral / microciment : lignes tendues, intégration dans une bibliothèque, niche à bois.
  • Le détail très actuel : une grande vitre panoramique (flamme “cinéma”), ou un insert tunnel traversant.

 

 

Point technique à ne pas négliger : l’habillage autour du foyer doit employer des matériaux et systèmes compatibles avec la chaleur (et respecter les distances de sécurité définies par la mise en œuvre).

 

 

 

 

6) Diffusion de chaleur : “juste beau” ou “vraiment chauffant” ?

 

 

  • Rayonnement (très agréable) : foyer fermé, masse minérale, habillage pierre.
  • Convection (chauffe plus vite) : inserts avec circulation d’air, grilles hautes/basses.
  • Distribution : certains systèmes permettent d’envoyer l’air chaud vers d’autres pièces, mais c’est un vrai sujet de conception (débits, bruit, équilibrage).

 

 

 

 

 

7) Ouverture : les “fausses cheminées” (éthanol & co) — jolies, mais à cadrer

 

 

Cheminées à l’éthanol :

 

  • Oui, ça fait une vraie flamme… mais c’est une combustion en intérieur : ventilation et précautions sont indispensables. Les autorités rappellent l’importance de l’entretien/ventilation pour limiter le risque d’intoxication au monoxyde de carbone (appareils à combustion).
  • Il existe aussi une norme européenne dédiée aux appareils décoratifs à combustibles liquides (EN 16647).

 

 

Alternatives très “safe déco”

 

  • Électrique (effet flamme LED), ou vapeur d’eau (selon modèles) : parfait en appartement, en location, ou quand on veut juste l’ambiance.

 

Bon feu !